Fromagerie

 

Ancienne fromagerie de Villedieu-les-Rochejean

 

Comme les écoles, il y avait une fromagerie dans chaque village. Celle de Villedieu-les-Rochejean (1846) a fermé en 1938.

Jusque dans les années 1955, les paysans amenaient le lait à pied, ou à ski au chalet de Villedieu-les-Mouthe (1845).

 

Fin XIXe début XXe les paysans de certains villages se réuniront en Syndicats.

 

 Fromagerie de Villedieu-les-Mouthe, sur la droite

 

Ensuite, les éleveurs de Villedieu-les-Rochejean faisaient le ramassage à tour de rôle de la totalité du lait du village. Ils le portaient jusqu’à la fromagerie de Villedieu-les-Mouthe, à l'aide d'une plateforme tirée par un cheval, jusqu’à l’arrivée du tracteur. Faute de lait, elle a fermé en 1984.

 

Bouille

 

Chez nous, on appelait ces bidons des bouilles. Chacune portait le numéro d'un paysan, pour que le fromager sache de quelle ferme provenait le lait. 

 

J'ai connu trois fromagers depuis la moitié du XXe siècle : monsieur Barrillot ; monsieur Drezet (le dernier à avoir exercé à Villedieu) ; et monsieur Lyvet fromager de Gellin (qui faisait des remplacements).

 

Monsieur Drezet a habité la fromagerie avec sa grande famille, avant de construire sa propre maison juste à côté.

La famille a dû bien l’apprécier, vu l’humidité ambiante dans une fromagerie ! Souvent, ses fils l’aidaient le soir.

 

 

Linteau de porte ancienne fromagerie (Villedieu-les-Mouthe)

 

En 1847, Villedieu travaillait 2000 hectolitres de lait et fabriquait 15000 kilogrammes de fromage. En 1875, 1800 kilogrammes de fromage et 200 kilogrammes de beurre ont été produits.

 

 

 

 

Le chalet

 

Aujourd’hui dénommé «fruitière» il était situé dans la petite fermette juste en contrebas de la fontaine «du Chalet». Sous cette fontaine, le fromager mettait à sécher ses planches et ses toiles.

Une remise attenante aujourd’hui disparue permettait de stocker le bois de la chaudière.


Le chalet a fermé ses portes le 31 décembre 1984 quand le dernier fromager du village a pris sa retraite.
A son arrivée en 1964, 16 agriculteurs apportaient matin et soir leur production de lait dans des «bouilles» puis dans des boules à lait. C’était l’heure de «la coulée».
En 1984 ils n’étaient plus que 8.
Le fromager inscrivait sur un carnet propre à chaque agriculteur la quantité de lait pesée à chaque coulée.
D’abord organisés en coopérative les agriculteurs vendaient leur lait à un affineur
et employaient le fromager. Ils faisaient eux-mêmes les comptes chaque fin
de mois.

 

La coopérative a cessé d’exister quand le dernier fromager a acheté le lait aux agriculteurs et vendu luimême sa production.

 

Document réalisé par le Comité des fêtes des VILLEDIEU en 2010

 

* L'afineur Grillot de Poligny, avec son camion vert.

Après chacun de ses passages, il restait aux habitants de la commune que les fromages qu'il n'avait pas voulu prendre.

A une époque la fromagerie dépendait de lui.

 

 

A la une !

 

20 mai 1950

En défaut. 

Procès-verbal a été dressé à M. Paul Grillot, de Poligny, dont dépend la fromagerie de Villedieu (les-Mouthe), pour défaut d’affichage des produits laitiers et pour hausse illicite sur le prix du lait.

 

TRIBUNAL CORRECTIONNEL. 

Audience du 21 mai 1953.

Maxime Pointurier, fromager à Villedieu, prévenu d'avoir omis de déclarer au maire de la commune la mort de 4 porcs et de les remettre à l'équarisseur, est condamné à 6.000 francs d'amende.

 

31 août 1963

LES VILLEDIEU.

La médaille de vermeil agricole.

M. André Barillot, fromager aux Villedieu, a reçu la médaille de vermeil agricole.

M. Barillot s'étant, pendant plus de quarante ans, dévoué à la cause agricole, a reçu à juste titre cette distinction.

 

26 janvier 1968

LES VILLEDIEU.

Nécrologie.

M. André Barillot, ancien fromager, est décédé dans sa 65e année. Jurassien de naissance, il avait eu, très jeune, la douleur de perdre son père, tué par les Allemands en 1915. Après un stage à l'école laitière de Poligny, il avait exercé le métier de fromager, de 1925 à 1953 à Châtelblanc, puis aux Villedieu de 1954 à 1964, date à laquelle il prit une retraite bien méritée. Résistant de la première heure, il avait connu les affres de la prison, à Besançon. Une foule particulièrement nombreuse, venue même de très loin, a conduit le défunt à sa dernière demeure.

 

26 juin 1969

LES VILLEDIEU.

Nécrologie.

M. Edmond Girard (porcher) a été arraché à l'affection des siens à l'âge de 47 ans, après une très courte maladie.

Originaire de Chaon, il s'était, après son mariage, installé à Labergement-Sainte-Marie où il avait eu la douleur de perdre une petite fille.

Par la suite, il était venu aux Villedieu (village natal de son épouse), pour y exercer le métier de porcher pour le compte d'une maison de Poligny.

A la fermeture de cette dernière, il était entré au service de M. Saillard, commerçant en vins à Rochejean.