Haultfourneau

 

Les bénévoles du fascicule Racines avaient fait une superbe enquête sur l'histoire du fer dans la région.

Ils m'ont autorisé à la copier, grâce à cela j'ai pu vous en faire profiter.

Merci à eux.


 

Dessin du haut fourneau en 1823

par J. Lacoste  

        

                          Lexique

Affinerie : usine où l’on transforme la fonte en fer.

Ferrière ou bas fourneau : construction primitive

qui donne du fer par fusion du minerai.

(Superbe site à Ferreryre en Suisse)

Haut fourneau : usine qui produit de la fonte par

fusion du minerai de fer

Martinet : marteau servant à battre les métaux.

(A voir au Musée du fer à Vallorbe et à Nans-sous-

Ste-Anne).

Muid : ancienne mesure de capacité (variable

selon les régions).

Patouillet : Petit bassin servant à laver le minerai.

Pendage : valeur de l’inclinaison d’une couche.

(Banc de minerai)

Tréfilerie : usine qui transforme le métal en fils de

diverses grosseurs

 

Le haut fourneau

de Rochejean

   La première mention de ce haut fourneau remonte en 1494. Un compte concernant l’établissement de Rochejean, situé dans le haut Doubs près de Jougne, permet de préciser les choses : on y constate, en effet, la présence de maîtres fondeurs qui réalisent des « fondues » (pas la savoyarde) !!! de fer, dont le produit était affiné par des maîtres affineurs puis forgé par des maîtres marteleurs. Le document ne désignait qu’un seul établissement acensé, la ferrière de Rochejean et allusivement des ateliers particuliers, tel le « haut fourneau » cité dans un décompte de temps passé à le servir et le chargier ou la forge de Rochejean dont étaient refaits les soufflés en cuir de vache et de bœuf.   (Extrait cité des cahiers du patrimoine : la métallurgie comtoise du XVe au XIXe siècle.)

 

   Ce haut fourneau ruiné, durant les événements de la guerre de dix ans sera remis en fonction en1649 (1). Il sera alors exploité sans relâche par divers maîtres de forge jusqu’au 23 février 1843 date à laquelle il est détruit par un incendie. Dernier maître de forge, Mr Jobez de Morez est également propriétaire des forges de Syam où la fonte tirée à Rochejean est transformée.

 

   Le haut fourneau de Rochejean, appelé l’usine infernale par les habitants du village, employait une soixantaine de personnes : Le directeur (Claude Joseph Pone), sa servante, un premier garde du fourneau et un second, quatre décrasseuses, deux conducteurs des équipages, un maître mineur, quatorze mineurs, trois coupeurs et quatre charbonniers (qui habitent dans les bois avec leur famille), quatorze bûcherons et sept voituriers.

Les charbonniers

 

Madame Jobez veuve, assumera la direction de ce haut fourneau en mettant en place une gestion rigoureuse avec notamment :

Article 1 : La cantine étant uniquement destinée à pourvoir aux besoins des ouvriers et voiturier travaillant pour le compte du fourneau, aucun étranger ne pourra y être admis, même étant accompagné d’un ouvrier ou voiturier de l’usine. Elle ne pourra jamais être transformée en une auberge ou en un cabaret ; les ouvriers ne devront y trouver que le strict nécessaire à leurs besoins et ne pourront rien y exiger au-delà.

    Art 2 : Les ouvriers domiciliés à l’usine, ne pourront jamais s’y attabler ensemble ni avec d’autres ouvriers forains, pour y boire et manger extraordinairement.

     Art3 : Les ouvriers ne pourront prendre de l’eau de vie à la cantine ensemble ou séparément, qu’une ou deux fois par jour, et chaque fois une simple ration dite le petit verre. Ils ne pourront l’accepter ni la payer à aucune personne étrangère à l’établissement, pas même avec les voituriers qui en font service.

    Art 4 : Les ouvriers prendront à la cantine, si cela leur convient, pour les emporter chez eux, le pain, le vin, l’eau de vie et le fromage nécessaire à leurs familles. Ces marchandises leur seront cédées à des prix justes et raisonnables, sui seront fixés par le directeur du fourneau qui adoptera pour base de cette fixation les prix ordinaires des débitants de boissons du même lieu. Toutefois la dépense faite à la cantine et celle en approvisionnement de ménage, réunies ensemble, ne pourront jamais dépasser mensuellement la moitié du salaire de l’ouvrier.

     Art 5 : Tout ouvrier célibataire, domicilié à l’usine, qui ne veut pas se mettre en ménage, prend pension à la cantine de chez l’un des chefs de famille de l’usine, selon que cela lui conviendra le mieux, et ne pourra dans aucun cas se fixer au village.

     Art 6 : Les ouvriers ne peuvent pas non plus, pour un aucun cas et sous aucun prétexte, fréquenter les auberges, cafés, cabarets ou gargottes du village.

   Art 7 : Tout contrevenant au présent arrêté sera d’abord réprimandé, et prévenu qu’en cas de récidive, il m’en sera redu compte pour être par moi pris telle mesure qu’il appartiendra.

     Art 8 : Il est expliqué que la cantine ne sera ouverte aux ouvriers que lorsqu’ils travailleront pour le compte du fourneau, ou lorsqu’ils viendront régler leurs comptes et dans ces occasions là seulement.

 

     Madame JOBEZ a l’espérance que le présent règlement sera franchement et loyalement exécuté ; en le faisant, elle n’a eu d’autre but ni d’autre pansée que de songer à l’intérêt des ouvriers, de les mettre à même de ne faire aucune dépense inutile, et de refuser des invitations qui étaient pour eux des sujets de dérangement de dépenses.

     Le présent règlement sera ostensiblement affiché à la cantine de Madame JOBEZ compte sur le zèle de ses employés pour veiller à sa stricte et entière exécution.

 

     Fait aux forges de Siam le 25 avril 1835.

 

     Signé : Veuve JOBEZ

 

Archives Départementales du Doubs : 2582 F 12

 

Extrait de l'acte d'érection de l'hautfourneau de 1649

 

Les guerres de l’an 1636 ruinèrent presque tout ce Comté Debourgogne tant par Incendie qu’autrement. L’abaye du mont ste marie ayant perdus par les feux, sept granges, quatre moulins, plusieurs maisons deleurs subjects, et quasi tous leurs subjects de religieux, les Sanctuaires habillements, reliques, titres, mesme par deux fois jusqu’à la valeur de Six mil francs estant réduite à la dernière nescessité, que pour réparé les granges, le moulins, le vendre en culture, les vignes de Montigny et de rapelles Les religieux absens.

 

R Père en Dieu Don Gabriel Durand docteur en théologie abbé de Ste Marie vicaire général de l’ordre de Citeaux, qui avant les guerres avoit illustré ladite abbaye d’infinies réparations, et achats degrands et notables fonds, après plusieurs conférences avec les religieux pour remettre ladite abaye en son pristin estat sans attoucher au fonds d’Icelle et qu’ayant droit d’avoir un haultfournaud et des forges sur la rivière du Doubs ou à  Rochejean ou à l’abergement pour la facture desquels estoit destiné le bois du mont de la croix qui de notre temps avoit déjà ésté coupé, et charbonné, c’estoit l’unique moyen de moins dommageable de faire couper ledit bois , et destiné le charbon qui en proviendra pour l’érection d’un Haultfournaud estre employé aux réparations cy dessus, à cette effet le Seigneur abbé en 1 an 1641 présentat son humble requerre au parlement de Dole tendant  à ce qu’il luy plut permettre l’érection dudit haultfournaud, ce qu’après communication à qui le fait touchoir et responses sur icelle fut accordé comme il en conste du tout par lesdites requêtes et appointements de la cour qui seront cy après inserés après recherche de personnages pendant plusieurs années personne ne sestant cy après présenté que Claude Frére de Rochejean notaire et scribe, laquelle convention aurait été faitte pour l’érection du haultfournaud batiment de chaussée écluses rouages, traitte de mines et façon de charbons en la manière que sensuit,scavoir constitué en sa personne de Rd Père en dieu Don Gabriel Durand conjointement avec les religieux ont accordé par cette donnée audit Sieur Frère pour le teme de quinze ans a commencé depuis ce jourdhuy la faculté de construire à Rocjejean en la place où estoient autre fois les forges, une chaussée, emplacement desdites écluses des rouages pour emplacement pour faire roüer, marcher un haultfournaud à faire du fer crud et de fonte pour assortir iceluy de mine nécessaire en prendre et tiré riere la Seigneurie de Rochejean ou Ste Marie, en payant néanmoins les interest à ceux auxquels la traitte du  mine portera du dommage et sans qu’icelle érection puisse prémidicier aux moulins dudit Rochejean, tous bastiments pour faire cuire ledit haultfournaud. Les bois seront pris au bois du mont de la Croix, depuis est traitté que le charbon pour fondre les mines et faire les gueuses se fera par le Sieur Frère au bois du mont de la Croix destiné pour cela en laissant néanmoins des baluraux comme le porte la permission de la Cour.

Ne pourra ledit Frére faire couper aucuns pide de bois qui n'ayt cinq pouces et autre arbre fruitier. Le charbon qui en proviendra dudit mont de la Croix ne pourra estre employe au'audit haultfournaud ledit Frère payera par chacun milier de fer quinze  frans, plus annuollement demy milier dudit fer battus.

 

Tous les bastiments se feront par ledit Frère à ses frais et à la fin des quinze années cèderont au profit de ladite abbaye sauf les ferrements et outils. Bien entendus toutefois qu’ils ont accordé audit Frère la faculté d’avoir et tenir un martinet ou renardière assierie ou tels autres moindres outils voir mesme une batterie audit lieu sans qu’il puisse se servir du bois du mont de la Croix pour autant de tems que bonluy semblera en payant annuollement  la  cense de dix sols estevenant à la st Martin qui portera tous droit seigneuriaux suivant la disposition de la coutume sans que lesdits outils  puissent prémédicier audit haultfournaud  à moins qu’il sera possible pacer pardevant P.Bressard Delabergement  notaire.

Le 15 février 1649

 

 

Les Seignaux

 

 

Les Seignaux

 

 

 

 

Des gisements de minerai de fer

 

 

     Les Longevilles Mont d’Or, le massif du mont d’Or… Avec cette consonance synonyme de richesse, ce sont bien sûr, ces pâturages, ses forêts et l’exploitation du minerai de fer qui va s’étendre sur plus de quatre siècles, ressources naturelles nourricières qui sont à l’origine de cette dénomination.

Claude Jacquemin Verguet

 

     Résident depuis une vingtaine d’années aux Longevilles Mont d’Or, je me suis souvent interrogé sur certains aménagements de ce relief situés en bordure de forêt du massif fu Mont d’Or. Des tranchées et des puits, sortent de vastes entonnoirs, me faisaient penser à des sites ayant servi de combats lors de la dernière guerre.

     Il s’agissait tout simplement de vestiges datant de l’exploitation du minerai de fer.

 

     D’un point de vue géologique les gisements de minerai de fer renfermés sur le secteur du Mont d’Or appartiennent à « la Limonite du Valanginien ».

 

     D’après les archives consultées, les premières exploitations remontent au Moyen Âge. Cette nouvelle activité provoquera un développement économique considérable dans toute la région transfrontalière avec l’apparition de ferrières hydrauliques suivies de hauts fourneaux à Rochejean, Vallorbe, Jougne puis à Pontarlier. Un ensemble de dix fourneaux.

 

     La guerre dix ans est l’épisode franc-comtois de la guerre de trente ans (1618 – 1648). En lutte contre l’Espagne, le royaume de France envahit la Franche-Comté (Comté de Bourgogne) en 1636 et tente de la conquérir. Une décennie de misères, de souffrances et de destructions ruineront toute cette contrée.

 

     L’approvisionnement en matières premières (minerai de fer, charbon de bois) en sera fortement perturbé. Les hauts fourneaux dont l’activité diminue régulièrement s’arrêteront les uns après les autres et la production de fonte se stabilisera. Les activités parallèles ; affineries, forges, tréfileries et quelques martinets subsisteront jusqu’au début de XXe siècle.

 

Plan du travail dans une mine

La mine des Longevilles mont d'Or

 

     Le dernier site exploité sur Mont d’Or (jusqu’en février 1843, date de l’explosion du haut-fourneau de Rochejean) est situé au lieu-dit le clos de la Grangette à deux kilomètres au nord-est du village des Longevilles Mont d’Or. La mine est ouverte sur une couche de calcaire marno – compacte chargée de très petits grains de minerai de fer, d’un brun très luisant, laquelle est formée d’un ensemble de plaquettes entremêlées de marne. Elle a deux mères de puissance environ. Elle repose sur un calcaire rougeâtre un peu sablonneux qui se présente aussi en plaquettes, empâtant quelques grains de minerai et dont la puissance reconnue par plusieurs puits est d’environ trois mètres.

 

     Les travaux d’exploitation de cette mine des Longevilles Mont d’Or consistent en trois puits distants de 16 et 50mètres et profonds de 15, 16 et 17 mètres au bas desquels se trouve une galerie d’allongement recoupée par des galeries d’amont et d’aval – pendage distantes de 4 à 5 mètres - qui sont elles-mêmes recoupées par des traverses pratiquées à 3 mètres les unes des autres.   Ces travaux s’étendent sur une longueur d’environ 170 mètres suivant la direction du gîte et sur une largeur de 55 mètres suivant l’aval.

 

     Le minerai des Longevilles Mont d’Or est trié une première fois dans la mine puis cassé au jour et trié de noveau. Il est alors soumis au lavage dans un « patouillet ». Les deux triages qu’il subit occasionnent un déchet d’environ 25%..

 

 

La mine de Métabief

 

La découverte de la mine de Métabief

Récit de monsieur Hubert TGrouttet

     " En ce début de janvier 1964 court une sorte de rumeur diffusant la nouvelle qu'une ancienne galerie de mine avait été ouverte par une vache dans un pâturage. L'idée ne fait qu'un tour de percer l'un des secrets de l'histoire de village. Aussitôt l'on s'adresse à Arsène Létoublon , spéléologue averti et rendez-vous est pris auprès du " Trou d'hommes" à flanc de coteau situé à quelques 200mètres du départ de l'ancien télébenne. Équipés de bric et de broc, nous sommes une demi-douzaine, pas très rassurés il faut bien l'avouer. Une descente d'environ un mètre cinquante. A gauche une sorte de "fente " à franchir à plat ventre et puis, dans la lueur blafarde de nos lampes torches, des galeries à perte de vue sous l'aspect d'un vaste labyrinthe. Il est inutile de préciser que ce 14 janvier, notre expédition ne pénétra pas très loin.

     D'une part, nous nous regardions avec une certaine émotion. Peut-être avions nous "violé" l'espace où nos ancêtres avaient sué et peiné ?

D'autre part, la configuration des lieux nous conseillait de ne pas quitter des yeux la pâle lueur de l'entrée. Une seconde descente, quelques jours plus tard, nous obligea à flécher à la peinture notre aventure en sens inverse. En effet les galeries soutenues par quelques étais, s'étiraient sur plusieurs centaines de mètres sous les pistes de ski.

     Puis vers la fin du mois, l'on entendait au loin tomber des plaques de minerai probablement suite au changement d'hygrométrie à l'intérieur.

En fermant l'entrée de la mine , la municipalité a refermé une parenthèse de l'histoire locale qui retombe dans l'oubli."

 

     La qualité et la forme du minerai de fer de ce gisement est très similaire à celui des Longevilles Mont d'Or. Il se distingue seulement par sa couleur verte très prononcée qui tire sur le vert de gris.

 

     Le gîte est situé à proximité du grand télésiège.Il est exploité par travaux souterrains réguliers, consistant en galerie de pendages et d'allongement séparées par des piliers de minerai de 4 à 5 mètres de longueur sur une largeur égale. Les travaux s'étendent dans le sens du pendage sur une largeur d'environ 150 mètres et, suivant la direction, sur une longueur de 200 mètres environ .

L'extraction au jour se fait par une grande galerie de pendage débouchant sur le flanc de la montagne où le transport du minerai à lieu dans un tombereau que traîne un cheval.

 

     Le calcaire marneux chargé de minerai est exposé, après extraction, à l'action des agents atmosphériques pendant une année au moins. il fuse alors en grande partie et tombe en poussière. Les morceaux un peu gros sont séparés de la poussière. au moyen d'une claie, sorte de tamis. On la dépouille ensuite de ses parties terreuses en la lavant dans un lavoir à bras voisin de la mine. Les morceaux calcaires séparés par la claie sont triés à la main et deux qui sont les plus riches sont concassés et lavés au lavoir à bras. On retire ainsi par le triage et le lavage 20% environ du minerai brut en minerai propre à la fusion.

L'exploitation à lieu au compte d'un entrepreneur qui occupe 8 à 10 ouvriers en hiver et 4 ou 5 en été.

     La  mine de Métabief est évidemment concessible puisqu'elle est exploitée par travaux souterrains, permanents et réguliers.

La mine de Oye-Pallet

     Le minerai présente les mêmes caractéristiques et aspects que celui de Métabief. Le gite est exploité par des galeries d’allongement et de pendage qui s’étendent sur une longueur de 120 mètres environ et dans le sens du pendage sur une largeur de 30 à 40 mètres seulement. Ces travaux sont contigus à d’anciens travaux fort étendus, situés vers l’ouest où le gîte est entièrement exploité à l’exception des piliers laissés pour le soutènement des excavations ; ils sont desservis par un puits de 10 mètres au bas duquel se trouve une galerie horizontale à travers bancs, longue de 24 mètres, qui coupe le gîte après avoir traversé une partie du mur.

 

     On extrait de lamine que les plaquettes calcaires qui sont les plus chargées de minerai et qui forment environ la moitié de l’épaisseur du gîte. On les laisse exposées à l’air pendant une année au moins pour qu’elles se désagrègent et on concasse avec une masse les parties qui résistent à la décomposition atmosphérique. Le passage à la claie, de lavage du minerai se font comme à Métabief.

 

     On extrait annuellement pour le haut fourneau de Pontarlier 600 à 700 muids de 25 double décalitres ou 3 600 à 4 200 quintaux métrique de minerai propre à la fusion. Le muid se vend sur lamine 4,75 francs ce qui correspond à 0,78 franc par quintal métrique de minerai.

 

     Ce site est exploité par une entreprise qui occupe 10 ou 12 ouvriers en hiver et 5 ou 6 en été.

 

     L’allure régulière du gîte d'Oye et Pallet et la régularité des travaux d’exploitation souterrains qu’il comporte le rendent évidemment concessible.

 

 

La mine des Fourgs

     Le gîte des Fourgs est constitué par une couche de calcaire marneux, chargé de petits grains de minerai de fer d’un brun luisant d’une forme irrégulière mais généralement aplatie.

 

     Deux puits profonds de 10 et 12 mètres au bas desquels se trouvent des galeries d’allongement recoupées par des galeries de pendages, servent à l’exploitation du gîte et les travaux qu’ils desservent occupent une zone longue de 225 mètres de large de 50 mètres environ, bornée d’un côté par la partie stérile du gîte et de l’autre d’une bande de vieux travaux qui court du nord-est au sud-ouest.

 

     Comme sur les autres mines, on laisse exposer à l’air pendant un an ou deux, le calcaire marneux chargé du minerai pour qu’il se délite en ayant soin de concasser les morceaux qui résistent aux agents atmosphériques. On le passe ensuite à la claie puis au lavage.

 

     La mine des Fourgs occupe 6 ouvriers qui sont au compte d’un entrepreneur et fournit annuellement 400 muids du poids de 600 kilos ou 2 400 quintaux métriques de minerai propre à la fusion que consomme le haut fourneau de Pontarlier.

 

     Le gîte des Fourgs doit être rangé dans la catégorie des mines concessibles puisqu’il est constitué par un couche bien réglée de minerai qui peut être exploitée par travaux souterrains permanents et réguliers.

 

La mine des Hopitaux -Vieux

     La mine des hôpitaux-Vieux se trouve au lieu-dit « Le Miroir » un kilomètre au sud-ouest du village des Hôpitaux-Vieux. Le gîte sur lequel elle est ouverte est de même nature que celui de Métabief dont il est le prolongement, les deux mines n’étant éloignées que de 3 kilomètres.

 

     Le gîte des Hôpitaux-Vieux a été attaqué par trois puits profonds de 4, 10 et 13 mètres qui communiquent par des galeries d’allongement de pendage auxquelles aboutissent des traverses de recoupement pratiquées dans le sens de la direction et dans celui du pendage à 4 ou 5 mètres les unes des autres. L’étendue des travaux souterraines de 135 mètres environ de longueur sur 25 à 30 mètres en largeur.

Le minerai brut est exposé à l’air, concassé et lavé comme le minerai de   Métabief et il rend 20% environ de minerai propre à la fusion.

 

     L’exploitation était suspendue depuis un an lors de cette visite de sécurité, mais on avait le projet de la reprendre bientôt. Elle fournit annuellement pour le fourneau de Pontarlier 400 muids du poids de 600 kilos ou 2 400 quintaux métriques de minerai qui se vend ordinairement 5,20 francs le muids ou 0,86 franc le quintal métrique.

 

     Un autre site, sur la commune des Hôpitaux-Vieux à également été exploité dans la Combe du Voirmon. Quelque vestiges de   puits en alignement subsistent ainsi que l’emplacement d’un haut fourneau.

D'autres sites on été également exploités à différentes périodes

 

- Aux Grangettes et à St Point

- Saint Antoine et au Touillon et Loutelet

- En Suisse, au Brassus, à proximité du poste des mines

 

Cette industrie, suite à la fermeture du haut fourneau, a laissé des traces de ces faits. En effet les personnes qui lavaient le fer étaient appelées "Les Ferreux". Ce nom est toujours présent dans le haut Doubs de nos jours.

Lorsque les ouvriers lavaient le minerai, l'eau du ruisseau devenait rouge, d'où son non actuel " Le Bief Rouge" ou le ruisseau rouge.

Le haut fourneau exigeait en 1789, entre 20 000 m3 et 40 000 m3 de bois par an.

 

 

De l'or* sous le Mont d'Or ?

 

     Le Mont d’Or fut d’abord appelé Mont Orcadum à l’époque romaine ; puis désigné La Roche d’Aulx, Roche d’Alpes, Roche Rousse, Roche d’Or et le Mont d’Or.

 

     Cette dernière dénomination et les quelques paillettes d’or que charrient les ruisseaux qui tourbillonnent dans cette montagne du Jura ont sans doute fait naître l’espoir de trouver dans ce massif d’autres minerais que la limonite du Valanginien. Cette idée est encore présente dans l’esprit des rédacteurs des Annuaires Statistique du Doubs dans les années 1830.

 

     Nous pouvons lire quelques autres mentions anciennes qui vont dans le même sens. Antoine Merle en 1905, écrit : La grange de la Blonay à été exploitée à diverse époques et probablement déjà au temps des Romains où l’on tirait du fer, du cuivre, et de l’argent. En 1753, de Genssane, géologue royal, confirme cette exploitation datant de l’époque Romaine. Il dit être descendu dans une des galeries sans pouvoir atteindre le fond où le travail s’élargit considérablement.

 

     Ces différentes affirmations d’exploitation de ce site parles Romains semblent très incertaines même s’ils empruntent très tôt le passage de Jougne. Cependant des bas fourneaux sont mis à jour dans la région voisine de Ferreyres à proximité de La Sarraz en Suisse.

 

     Aujourd’hui, sur le site de la Blonay, ces cavités ont été en parties obstruées. Trois entrées sont comblées, une quatrième est ouverte à même le sol avec un aplomb de quatre mètres. Une fois à l’intérieur on distingue clairement le passage formé par l’érosion d’un passage d’eau mais deux galeries fermées peuvent avoir été creusées par l’homme.

 

     Au XVIIIe siècle, quelques essais d’exploitation seront tentés principalement pour chercher des filons d’argent, de cuivre et d’or. Un document de 1749 (1) décrit en détail une tentative d’exploitation au lieu – dit « Le Creux Soucet) à une portée de fusil du territoire de Vallorbe. J’ai localisé ce site en contrebas des falaises du Mont d’Or à une centaine de mètres de la borne 67. On peut observer ce trou de 2 mètres sur 10 mètres de profondeur. Les propos de ce document correspondent exactement à cet emplacement.

 

En tête de chaque article

 

En tête de chaque article nous avons reproduit des dessins de Heinrich Groff . Ils ont été réalisés en 1529 sur le site de Saint Marie aux Mines dans les Vosges. Ces croquis ne sont  pas le fruit  de l'imagination de l'artiste mais on été dessinés sur place.

 

 

 

 

 

 

 

 

Source :

Archives nationales à Paris.

Archives départementales à Besançon.

Archives municipales de Pontarlier.

Archives départementales du Jura.

Archives cantonales vaudoises.

Annales des mines(1836) J. THIRRIA.

Minaria Helvetica 2004.

La métallurgie Comtoise du XVe au XIXe siècle.

Association  "un Passé Oublié".

 

 

Remerciements :

 

L'équipe de Racines remercie bien sincèrement :

 

- M. Claude Jacquemin Verguet, auteur de l'ensemble des textes de ce numéro, et qui nous a fourni toute la documentation,

- M. Jacquef Lacoste, auteur du dessin ce couverture,

- M. Hubert Trouttet pour ses photos,

- Moi de même.

 


 

Le trésor du Mont d'Or

 

    Alors qu'il gardait ses moutons sur une des montagnes du Jura, un jeune berger vit un agneau disparaître dans un fourré. Poursuivant l'animal, il découvrit l'entrée d'une cachette où était entreposés plusieurs coffres d'or.

     Devenu richissime, le berger crut pouvoir accomplir son rêve secret, épouser la fille d'Amauri, sire de Joux. Mais le cruel seigneur qui feignit d'abord d'accepter cette alliance, fit saisir le pâtre par ses gardes. Ceux-ci le torturèrent à mort sans pouvoir lui arracher son secret.

  C'est depuis cette époque que cette montagne s'appelle le Mont d'Or et si certains promeneurs paraissent absorbés par la cueillette des gentianes, c'est peut-être qu'ils continuent à chercher la mystérieuse grotte au trésor...

 

https://www.destination-haut-doubs.com/les-legendes-du-haut-doubs.html