Un métier d'art ; fondeur de cloches

 


Un métier d’art : fondeur de cloches

 

Clarines, toupins, sonnailles, chamonix, bagnes, picons, platelles, clavellas, tapes, clochettes, sonnettes, sonnaillons, leurs noms seuls évoquent déjà les musiques claires ou graves qui accompagnent les troupeaux à l’alpage. Qui fabrique les cloches ? Depuis quand et dans quel but ? Répondre à ces questions, c’est bien sûr évoquer l’une des deux seules fonderies françaises de clarines en bronze pour le bétail : la fonderie Obertino.

Alexandre Defrasne

 

Cloches des génisses en estive à la Nourrie,

ferme de Villedieu

Les origines

La cloche est l’un des plus anciens instruments de musique à percussion du monde. Les corps solides, frappés à l’intérieur ou à l’extérieur pour produire un son, (hochet, grelots, cloches) accompagnent l’homme dans sa danse ou dans sa musique depuis la plus haute antiquité. Confectionné à base de coquillages, de coques de fruits ou en argile, ces grelots primitifs sont probablement les précurseurs de l’art campanaire. 4 000 ans avant J.C. de nombreuses civilisations asiatiques fabriquaient déjà des cloches, obtenues par martelage de feuilles de fer ou de cuivre. Mais l’utilisation du bronze (alliage de cuivre et d’étain), fondu va augmenter fortement la diffusion de cet instrument. Les chinois, au XVIe siècle avant J.C., puis toutes les civilisations antiques du bassin méditerranéen Romains, Grecs, Égyptiens…) ont fondu et utilisé les cloches.

Une région d’Italie, au Sud de Naples, à Campanie, célèbre pour la fabrication d’ustensiles en bronze à l’époque romaine va laisser son nom à l’art de fabriquer ce que l’on va bientôt appeler les campanes. En effet, les premiers chrétiens, après avoir toléré cet instrument, vont rapidement l’utiliser dans la pratique religieuse, lorsque celle-ci sera autorisée par l’empereur Constantin, en 313 après J.C. Au Ve siècle, la ville de Nole, en Campanie, passe pour être le berceau européen des fondeurs de cloches. Tout le monde comprend la place capitale, que cet instrument d’airain va alors prendre dans notre civilisation, rythmant la vie des gens du haut des clochers paroissiaux, des beffrois civils, et des campaniles.

 

Diversité des utilisations, des matériaux et des dimensions

Cloche Mingoon-Bell

 

Lart campanaire est riche et varié. La Mingoon-Bell, fondue en 1790 en Birmanie, (88 tonnes) la plus grosse cloche en activité au monde, est tintée sur l’extérieur par un madrier en teck. Elle ne ressemble guère aux clochettes africaines, en bronze elles aussi, abondamment décorées et utilisées dans des cérémonies initiatiques. Les clarines d’airain et les toupins européens font résonner dans la montagne, n’ont pas grand-chose en commun avec les clochettes à éléphants thaïlandaise, en bois de teck, frappées par deux battants extérieurs ou avec les clochettes à buffles indiennes, en bois elles aussi. L’appel dispensé eu haut des clochers pour l’Angélus, le glas ou le tocsin a une toute autre sonorité que les petites clochettes liturgiques, utilisées lors des offices. Clochettes de table en terre vernissée ou en cristal, grelots du musicien des rues, bourdon de Notre-Dame de Paris mis en branle par huit sonneurs, la variété des formes, des musiques, des matériaux, des significations est immense.

 

Parfois, la juxtaposition de cloches accordées entres-elles, tintée de l’extérieur par un marteau est à l’origine d’un instrument de musique particulier, le carillon. Les plus nombreux sont en Hollande et en Belgique, la France arrive en troisième position. Celui de la cathédrale St Bégnine de Dijon, avec ses 63 cloches, (21 tonnes), est le deuxième d’Europe.

 

Les Saintiers et leur métier

La connotation religieuse du mot saintier peut s’expliquer par l’origine monastique des premiers fondeurs. Les cloches fondues pour les églises ont toujours été baptisées avec le nom des saints. Celle de la cathédrale de Besançon (2 260 kg), conçu par la fonderie Bournez de Morteau en 1829, s’appelle Charlotte. Son Parrain fut Charles X. Le Saintier est donc étymologiquement celui qui fabrique le saint.

Du Ve siècle au Moyen Age, la fonte des cloches se faisait dans les monastères, puis une   corporation laïque se constitua, avec l’apparition de familles de fondeurs, qui pratiquèrent cet art de façon itinérante. Ils se déplaçaient de village en village, construisaient leur four de fusion sur le parvis ou même à l’intérieur des églises. Cette pratique dura du VIIIe au XIXe siècle, mais dès le XVIIe siècle, certains se sédentarisèrent en créant de véritables fonderies.

 

Aujourd’hui, la France est la troisième puissance campanaire du monde. Trois sites fabriquent toujours les grosses cloches d’église selon une méthode traditionnelle, qui n’a pratiquement pas changé au cours des siècles compte tenu de la perfection des résultats obtenus par ce processus.

 

   A Orléans St jean de Brayen, Dominique Bollée appartient à la huitième génération de fondeurs. La famille travaillant de façon itinérante depuis 1715 s’installe en 1838 sur le site actuel.

   A Annecy-Sevrier, la famille Paccard pratique ce métier depuis 1796, et sur le site depuis 1857.

   La famille Cornille-Havard est installée depuis 1865 à Villedieu-les-Poêles, en Normandie

 

Principe musical d’une cloche

Le battant frappe la robe métallique en bronze légèrement au-dessus de la pince (partie fine du bord). La cloche est un idiophone (instrument résonnant par sa propre matière). Tout le corps de la campane se met à vibrer, fortement sur le bord, pas du tout sur le dessus appelé cerveau. Les différentes fréquences se mélangeant pour donner le timbre. La justesse de la note finale, la beauté du timbre, dépendent du profil de l’instrument dans un alliage donné, de son poids et du diamètre de l’ouverture.

Les fondeurs accordent donc beaucoup de soin à la composition de l’alliage et au profil de la cloche. La proportion cuivre étain est un compromis ente deux défauts trop d’étain rend le métal sonore mais cassant, pas assez d’étain rend le métal sonore mais cassant, mais pas assez d’étain provoque une perte de sonorité.

 

 

La plus grosse cloche en volée du monde, (33 285 kg) fabriquée pour le Millenium Monument Company à Newport, Kentucky (USA par la fonderie Paccard et fonderie de l’Atlantique.

 

 

 

L’art campanaire dans les pâturages

Il était impossible de ne pas évoquer l’histoire d’un métier et son aspect le plus spectaculaire, la fabrication des cloches monumentales dispersant leurs notes du haut des clochers, avant d’en présenter un autre aspect non moins intéressant, la production et l’utilisation de clochettes, clarines ou sonnailles fixées au cou du bétail au pâturage.

 

De tout temps les animaux domestiques ont porté de petites cloches confectionnées à l’aide de matériaux divers, certaines peintures de l’ancienne Égypte représentent des taureaux munis de clochettes fixées au harnais des chevaux et des mules. Au XVe siècle, les artisans commencèrent à fondre de plus grosses pièces, qui atteignirent vers 1800 les dimensions connues aujourd’hui. Les clarines en bronze devinrent à la mode au XIXe siècle et l’on en fabriqua beaucoup pour les vaches.

 

Cet instrument sert bien évidemment au berger à reconnaître l’emplacement de l’animal isolé, mais les clochettes rassemblent aussi le troupeau et le calment. L’instinct grégaire des animaux est encouragé par le fait qu’ils puissent brouter dans un environnement sonore connu et sécurisant. Les vibrations émises ont la réputation de faire fuir les vipères. Le pouvoir bénéfique des clochettes fut même amplifié par la tradition populaire, au point d’en faire une sorte d’amulette porte-bonheur.

 

Poya (dessin de la montée) et cloches, sur la cheminée d'un chalet, la Grange Nourrie

(Photo. Alexandre Defrasne 2003)

Bronze, acier ou cuivre

 

On distingue deux types de cloches utilisées pour le bétail, les instruments forgés en acier, martelés rivetés et les instruments fondus en bronze ou en laiton (alliage cuivre zinc). Le terme sonnaille s’applique aux premières, alors que les secondes s’appelleront plutôt clochettes ou clarines. Des artisans sont spécialisés dans l’une ou l’autre des fabrications.

 

 

La plus imposante des cloches en acier et la plus connue est le toupin, de forme arrondie avec une « gueule » rétrécie. Plusieurs artisans les fabriquent encore de façon traditionnelle en Suisse.

Dans notre pays, la ville de Chamonix a donné son nom à une sonnette d’acier forgé, sorte de petit toupin de forme rectangulaire à ouverture ovale. Les chamonix sont produites depuis 1839 par la maison Devouassoud.

 

Cloches de maître Daban

 

Maurice Daban, maître sonnailler à Nay dans les Pyrénées-Atlantiques, fabrique différentes formes de sonnailles martelées : redoum ou redon en forme droite et allongée. Elles sont cuivrées ou laitonnées afin d’éviter l’oxydation. Les ateliers Daban travaillent à Nay depuis 1795.

A Hérépian dans l’Hérault, l’ancienne fonderie Granier, créée en 1600, rachetée en 1995, ne produit plus que des sonnailles en acier.

 

Sonnailles

 

Mais les deux seules fonderies de clarines en bronze sont aujourd’hui celles, qui à Morteau et à Labergement, sont dirigées par les descendants d’une même famille de fondeurs italiens arrivés au XIXe siècle : la fonderie jean Obertino et fils à Morteau depuis 1931 et la fonderie Charles Obertino à Labergement gérée aujourd’hui par sa fille Bénédict et dont l’origine remonte peut-être à 1834.

 

L’histoire d’une famille de fondeurs

Robert Schwaller dans un livre très documenté sur les fabricants de cloches, et en Suisse autrefois et aujourd’hui, évoque un épisode intéressant du début du XIXe siècle. Entre 1800 et 1850, de nombreux fondeurs du piémont italien parcourent déjà la Suisse d’abord en été de façon itinérante, pères et fils, frères et cousins (femmes et enfants restant au pays), pour faire la tournée des marchés. Ils sont originaires de familles parfois apparentées ou qui vont rapidement le devenir, habitant les mêmes bourgs ou des bourgs voisins,

Sparone, Ronco-Canavese,dans une région de tradition métallurgiques. Ces familles portant les noms de Albertano, Viglino, Obertino, Tittone, Chiantello, Barinotto, Viale ou Rastoldo ont fourni des équipes de fondeurs changeant très souvent d’endroit, s’associant pour travailler puis se séparant. Elles vont fondre les premières clochettes pour bétail en Suisse, avec des moules en bois, appliquant peu de décorations.  Elles vont apprendre le travail aux artisans locaux, puis vont ensuite se sédentariser et créer des fonderies poursuivant parfois leur activité aujourd’hui, surtout dans le Jura et en Romandie. Plusieurs générations vont en général se succéder à la tête de ces entreprises. Il reste huit ateliers en Suisse et deux en France actuellement.

Le livre de Robert Schwaller est indispensable pour comprendre la complexité u parcours géographique de ces familles, itinérantes ou fixées pur quelques années dans un village, qu’elles quittent en automne pour rejoindre dans le Piémont une femme et des enfants, qui sont nés là-bas. Ils échappent la plupart du temps aux recensements de population et bien sûr à l’état civil français. C’est en étudiant les marques de fabriques apposées sur les anciennes cloches, que l’auteur du livre à pu retracer les associations et les séparations des équipes de fondeurs.

 

Origine

Lhistoire de la famille Obertino s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Elle est originaire du hameau de Frachiamo, dans la commune de Sparone. L’existence des premiers fondeurs à Labergement, au milieu du XIXe siècle, est très difficile à cerner. La mère de Charles déclare après le décès de son mari en 1939 : que « … la famille n’a jamais cessé d’exercer la profession d’artisan-maître à Labergement Sainte-Marie, de grand-père en petits-fils depuis 100 ans ». La mention « Maison fondée en 1834 » déjà inscrite sur les premiers cartons publicitaires de l’entreprise semble abonder dans ce sens, mais elle n’est pas significative. En effet cette mention existait aussi sur les papiers d’une autre fonderie : celle qui associait avant 1934, à la Sarraz (canton de Vaud), une autre branche de la famille Obertino avec la famille Albertano. La date de 1834 correspond sans doute à une première fonte, mais celle-ci peut avoir eu lieu à Labergemente ou ailleurs, peut-être à Romont en Suisse, localité qui a accueilli plusieurs chaudronniers italiens au XIXe siècle.

 

Partie de cache-cache entre la Suisse et le Jura français

Il est d’ailleurs très probable que le parcours géographique des fondeursde Labergement comme celui de tous leurs compatriotes piémontais, passe à un moment donné par la Suisse voisine. Le village de Romont dans le canton de Fribourg accueille en 1850 un homme de la famille Viglino de Ronco-Canavese. Il en part assez vite pour créer un atelier à Chavornay, dans le canton de Vaud. Mais en 1875 ce sont plusieurs hommes de la famille Obertino originaires de Sparone (Pasquale, Antonio, Pietro et peut être Jean), qui arrivent à Romont. Peut-être y a-t-il pami eux un aïeul des fondeurs de Labergement, Pietro mais les preuves manquent.

Dès 1880, ceux-ci transfèrent leur fonderie de cloches à la Sarraz (canton de Vaud), où se trouve déjà depuis cinq ans la famille Albertano, elle aussi originaire de Sparone. De 1887 à 1897 l’entreprise est dirigée par l’un ces nouveaux arrivés : Pasquale Obertino.

Obertino et Cie

 

Devant l’atelier de Labergement entre 1920 et 1930, de gauche à droite : Simon, son père Dyonis tenant le creuset avec Jean-Louis, Gilbert et Émile les enfants de Jean-Louis.

Derrière sur le banc : la femme de Jean-Louis avec sa fille Marcelle et la femme de Dyonis avec sa fille Georgette.

On remarque sur l’enseigne la double production de cloches en bronze et en acier.

Col. Obertino

 

Ensuite de 1897 à 1934, les deux familles vont travailler ensemble, sous le titre « Obertino et Cie », avant que la fonderie ne soit reprise entièrement par le père de Franco Albertano, fabriquant encore des cloches aujourd’hui à la Sarraz. Les souvenirs de Franco sont précis : son père à succédé vers 1934 à Antonio Obertino et à son fils Jean. Les deuxsont morts dans les années 30 et aucun enfant n’a pris leur suite, en Suisse ou ailleurs, pour ouvrir une fonderie ? Une branche s’est donc éteinte à la Sarraz, mais il ne fait aucun doute qu’une autre branche de la famille Obertino, (frères ou cousins) a passé la frontière dès le XIXe siècle pour venir à Labergement.

 

Première trace à Labergement

 

En effet, les fondeurs ambulants ont gardé leur mobilité et prospectent en permanence de nouveaux secteurs associés à Bulle en Suisse ou à Pont-de-Marcel avec d’autres familles piémontaises. En mars 1889 arrivent à Labergement deux frères, Pierre et Jean Obertino, fondeurs. Ils veulent établir une résidence au village. Femmes et enfants ne sont pas avec eux. L’épouse de Jean s’appelle Albertano. -Pierre âgé de 40 ans est-il celui qui a transité par la Sarraz en 1880 ? Peut-être, car c’est avec Chavornay la fonderie suisse la plus proche. Mais il est surtout l’arrière-grand-père de Charles, l’ancêtre de la famille actuelle. Les deux hommes s’installent probablement comme d’habitude pour la belle saison et repartent en automne vers leurs familles.

Fonderie Jean Obertino après 1898

 

Chez qui logeaient-ils et dans quel local fondaient-ils avant 1900 ? Seule certitude l’emplacement n’était pas celui de la fonderie actuelle, car elle remplace l’ancienne fruitière détruite par l’incendie de 1898, dans le quartier du bas. La mémoire orale soulève autant de question qu’elle n’en résout. Plusieurs habitants de Labergement ont entendu leurs parents situer l’habitation et l’atelier de la famille Obertino au Quartier Saget, dans le haut du village, au début de sa présence ici.

L’habitation aurait pu être dans l’ancienne maison Rochat (aujourd’hui Montigny), et l’atelier dans une vieille bâtisse « chez Lamagne », détruite dans les années 1960. La bâtisse étroite et longue se trouvait derrière la ferme de Léon Girard (aujourd’hui maison Cominoli).

Michel Robbe, Gabriel Girard, Pierre Cominoli se souviennent d’une ancienne forge, avec cheminée, enclume et murs noircis, mais rien ne prouve que ce soit celle des fondeurs, car beaucoup d’ateliers devaient exister lors de la construction de la ligne de chemin de fer Frasne-Vallorbe, avant 1914.

Le pignon en planches de "Chez Lamagne" derrière lequel se trouvait une forge. A L'arrière plan la maison Girard (Cominoli actuellement). Assis Emmanuel Car et Albert Robbe (ph Gabriel Robbe)

 

1901-1946 une présence nombreuse et continue

Le début du XXe siècle est moins mystérieux. Un acte de location de 1901 et un acte de vente de 1956 permettent de préciser l’origine de l’atelier actuel

1901 un certain Joseph Obertino (sans doute le fils de Jean aperçu en 1889) loue pour six ans, à Mlle Joséphine Dalloz, une partie de maison dans le « coin du bas », pour fondre des clochettes et habiter.

 

Frédéric Obertino né en 1877 à Saprone, mort en 1946 à Labergement. Avec lui, sa femme Lucie Chiantello et ses deux fils : Marcel (le plus grand 1902-1939) et Jules(1910-1937)

Ph. Stainacre,année 1920, col Obertino)

 

Les fabricants et vendeurs de cloches de Sparone ont une présence régulière, mais toujours saisonnière, au village après 1900. Il s’agit semble-t-il des enfants des deux pionniers du siècle précédent : Frédéric fils de Pierre avec sonfrère Dyonis et Joseph (fils de jean). Les générations vont se succéder ainsi, les petits enfants s’ajoutant à la liste des arrivées. Une médaille de bronze obtenue à Labergement en 1913 figure par la suite sur les cartons publicitaires.

La première guerre mondiale de 1914 à 1918 oblige sans doute les fondeurs à interrompre leur activité en France. L’instituteur de l’époque Stéphane Charmoillaux décrit bien le départ obligatoire, dans les 24 heures, des ouvriers italiens de la ligne

Frasne-Vallorbe, dès la mobilisation générale d’août 1914.

 

1956 un héritier de Joséphine Dalloz vend à Charles et Georges Obertino la maison dans laquelle ils travaillent et logent, la fonderie actuelle. Cela semble évident : l’ancienne fromagerie, brûlée en 1898, puis restaurée, devient en 1901 le siège de la fonderie de cloches à Labergement.

 

Mais l’année 1920 marque un nouveau départ, les arrivées à Labergement se succèdent à un rythme important, pour des familles entières : Frédéric avec sa femme, ses deux fils Marcel et Jules, ses frères Dyonis et Séverin d’une part, Joseph avec ses fils Jean-Louis et Albert Chiantel Boiro, beau-frère de Frédéric ou Jean-Baptiste Barinotto. Tous exercent le même métier de fondeur ou colporteur de cloches pour bétail. Beaucoup de gens travaillent donc à l’atelier à cette époque, sous l’étiquette « Obertino et Cie », et en additionnant tous les hommes enregistrés ou connus nous trouvons une dizaine de personnes. C’est sans compter bien sûr avec la mobilité continue des uns et des autres.

 

De 1923 à 1926, la famille Obertino loue à Chavornay en Suisse la fonderie Viglino, après la mort du chef d’entreprise, afin d’aider la veuve et ses deux fils à relancer celle-ci. Marcel (fils de Frédéric) et Jean-Louis (fils de Joseph) vont y travailler. Marcel épouse d’ailleurs en 1926 la fille Caroline Viglino. Charles et Georges Obertino naissent ainsi la même année à Charvornay. La fonderie Viglino s’est arrêtée en 1990.

 

De gauche à droite : Jean-Louis et Marcel Obertino, Jean et Charles Viglino, à la fonderei de Charvornay (canton de Vaud) entre 1923 et 1926.

(col Obertino)

 

A Labergement certains coulaient le bronze ou forgeaient, car la maison en plus des clarines produisait, avant la dernière guerre, des sonnailles en acier (toupins campagnards, sonnettes), martelées à chaud dans une matrice puis rivetées. D’autres démarchaient, colportaient les cloches de village en village, c’était le cas de Bernard Chiantel ou de Dyonis, dont les témoins se souviennent voyageant, le cercle garni des cloches à vendre autour de l’épaule. Le colportage était organisé de façon assez rigoureuse. Le colporteur achetait les produits aux fondeurs, puis les revendait aux paysans, en retour il reprenait à ceux-ci les cloches usagées pour les céder à l’atelier. La marge prise sur les transactions finançait son emploi. Le territoire de démarchage était précisément délimité entre les différentes entreprises. Dyonis Obertino était le père de deux petites filles, Simone et Georgette qui deviendront respectivement Mmes Poux Berthe et Pasquier.

 

Les frères Charles et Georges Obertino au début de leur activité, dans l’atelier de Labergement. On remarque les clarines, des cloches d’appel, des sonnettes liturgiques et des toupins d’acier.

En 1931, Jean-Louis et Albert, les petits cousins de marcel, partent à Morteau. Jean-Louis reprend la fonderie Barinotto, (ancienne fonderie Bournez de 1770 à 1909), qui après ses fils Gilbert et Emile est gérée actuellement par ses petits-enfants. On retrouve Albert fondeur de métaux aux Fins en 1941.

A Labergement l’intitulé « Obertino et Cie »va devenir « Frédéric Obertino ». Marcel meurt jeune en 1939, le grand-père Frédéric travaille à l’atelier avec ses deux petits-fils Charles et Georges, qui de 14 à 20 ans apprennent le métier. En 1941 un questionnaire pour la chambre de commerce n’indique que ces trois personnes. En 1946 Frédéric meurt, Charles reprend immédiatement l’entreprise avec son frère Georges, ils ont 20 ans.

 

Le colportage était indispensable au métier de fondeur.

Ci-contre : Mr Albertano fondeur à la Sarrraz (Suisse) parcourt la compagne entre les deux guerres, avec ses cloches, comme le faisait Dyonis à Labergement.

Ci-dessus, de gauche à droite : Jules et Dyonis, sur une foire, à la même époque. (col. Albertano et Obertino)

 

 

 

L'atelier dans les années 1940-50 (col. Obertino)

L’époque récente

La fonderie « Charles Obertino » de 1947 à 1977 a donc abandonné la fabrication des sonnailles en acier. Mais elle s’est faite une renommée importante, pour la qualité de ses produits. Elle a donné du travail temporaire ou régulier à de nombreuses personnes. Pendant 25 ans, de 1968 à décembre 1992, René

Authier a coulé le bronze en fusion avant de prendre sa retraite. Mais l’atelier a vu des étudiants, des ouvriers de scierie, des touristes, venir ajouter quelques heures à leurs travaux habituels. C’est Daniel Capelli pendant les vacances, entre 1964 et 1970, en compagnie de Daniel Frigand et Richard Bach. Mais c’est aussi Charles Capelli, Laurent Girard, Albert Amiens, Joseph Piote et pour n’oublier personne : Denis Vallet, Nicolas Vernier, Moumin Sabanovic…Sans compter bien sûr Thierry Paulin et le personnel actuel, dont nous parlerons plus tard.

Georges disparait en 1972, Charles en 1977, mais les femmes vont cette fois-ci ajouter leur page à cette longue histoire d’hommes.

Louise Obertino va gérer l’entreprise à la suite de son mari, tandis que sa fille Bénédict quitte les études juste après le bac, pour devenir la première fondeuse de cloches. Son choix lui vaut la médaille du comice agricole de Mouthe pour : « avoir courageusement décidé de maintenir la fonderie au village ». En 1980, elle épouse

Thierry Paulin, qui à partir de cette date l’épaulera jusqu’en 1999. Bénédict devient gérante en 1982.

 

Aujourd’hui, la fonderie « Charles Obertino » de Labergement emploie deux personnes pour la partie administrative et commerciale : Bénédict et sa sœur Caroline secrétaire. Quatre personnes travaillent à l’atelier : Frédéric Rota beau-frère de Bénédict et Gilles Godin sont présents depuis 1992. Thomas Paulin, le fils de Bénédict et Thierry, a choisi en juillet 2003 de se joindre à l’équipe. Cyril Dey n’est arrivé qu’en 2003, mais tous exercent et transmettront le noble métier des chaudronniers piémontais du XIXe siècle.

 

Charles Obertino sur une foire. (col Obertino)

 

De gauche à droite : Georges avec Caroline, Mme Hélène Vernier, Mr René Vernier, Louise et Charles Obertino, Bénédict, Yvette Authier, à la foire comtoise de Besançon. (Col R. Authier)

 

 

René Hautier (à droite), fondeur 25 années durant, coule le bronze avec Thierry Paulin qui à pratiqué ce métier pendant une vingtaine d'années (photo fin des années 80, col Obertino)

Trois jeunes embauchés temporairement entre 1964 et 1970 : de gauche à droite, Daniel Frigand, Daniel Capelli et Richard Bach avec Charles Obertino (col Obertino)

 

Fabrication des clarines à Labergement

   

 

   

(Col Obertino)

 

La première opération est la fabrication du moule, unique pour chaque cloche, puisqu’il est détruit après le démoulage. Les artisans utilisent pour cela un châssis métallique rond et deux parties. Un modèle en bronze ou en aluminium est placé dans une moitié du châssis. Du sable silico-argileux naturel fin, provenant actuellement de carrières du Bassin Parisien, est tassé, serré autour du modèle et de la boucle à collier. Cette opération importante conditionne la « peau » des clarines

 

 

Cet ensemble retourné, la seconde partie du châssis est fixée sur la première, puis le sable est tassé à l’intérieur de la cloche, où l’on à placé l’anneau porte battant. Il faut alors, avec une tige en fer, creuser l’entonnoir de coulée et percer dans le sable les jets de coulée et des évents pour évacuer l’air chassé par le bronze.

 

        

Charles Obertino devant une rangée de moules ouverts

 

Le moule est ouvert, par séparation des deux moitiés du châssis. Le modèle métallique est retiré. Il nous reste un moulage creux en relief correspondant à l’extérieur de la future cloche et un moulage en relief correspondant à l’intérieur de celle-ci.

 

 

 

        

                Thierry Paulin                             Thomas Paulin

Appliquant des inscriptions à l'intérieur du moule. Au premier plan les outils portant les lettres. (Col Obertino)

 

(Col Obetino)

Les décors, les noms et la signature de la fonderie sont imprimés dans le sable de la partie creuse avec délicatesse et précision. Thierry Paulin appliquant des inscriptions à l’intérieur du moule, son fils Thomas fera ce même travail quelques années plus tard. Au premier plan des outils portant les lettres.

 

 

  

 

 

 

Ch. Obertino et R Authier refermant un moule. Au fond, J Piotte.

(col. Obertino)

 

Le moule est refermé, par fixation solide des deux morceaux du châssis. Ce sable a eu le temps de sécher à l’air.

 

Il reste à l’intérieur du moule, entre les deux surfaces de sable, un vide, une empreinte correspondant à la place du modèle retiré. C’est lâ que va pénétrer l’alliage liquide en fusion pour former une nouvelle clarine.

Cyril Dey, Thomas Paulin et Gilles Godin à la coulée (ph.Lionel Georges 2003)

Le bronze, alliage de cuivre et d’étain (18% à 22% d’étain) est fondu à 1300°C dans un four à creuset. Les impuretés remontant à la surface du métal en fusion sont retirées à l’aide d’une grande louche. Le creuset en graphite maintenu par deux personnes grâce au brancard (anneau muni de deux longs manches) permet de verser le liquide dans l’entonnoir de coulée des moules alignés.

 

Frédéric Rota et Gilles Godin au démoulage (ph. A. Defrasne 2003)

Après quelques instants, les châssis sont ouverts, les moules cassés, le sable recueilli dans un bac pour être utilisé à nouveau. Le fondeur teste la résonance de la cloche, puis celle-ci est brossée, meulée et polie au tour. L’artisan enlève de la matière sur certaines parties de la clarine, afin de leur donner de la brillance. Le battant en laiton est fixé

 

Cyril Dey démoule des clochettes. (ph. A. Defrasne 2003)

 

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Frédéric Rota meule les cloches brutes

Col. Obertino

 

Thomas Paulin

(Collection Obertino)

                     

 

Touche finale donnée par Bénédict (1985)

Col. Obertino

 

Un beau travail de Bernard et Jacques Ferreux pour supporter une cloche d'appel.  (année 80)

(col. Obertino)

 

L’entreprise Obertino en 2004

Six personnes, dont quatre membres de la famille travaillent à la fonderie. Elle produit des cloches rondes en bronze, dont la gamme s’étale de 100 g à 18 kg. Ce sont des clarines pour le bétail ou des cloches de table, des carillons de porte, des timbres d’horloges, des sonneaux, (clochettes ovales brutes de fonderie, sans polissage) et des grelottières pour les animaux. Le magasin propose un large choix de sonnailles en acier, provenant bien sûr d’autres fabricants : toupins suisses, chamonix de la maison Devouassoud en Savoie, redons ou pyrénéennes de chez Daban ou campagnards produits en Italie par emboutissage. La vente de ces instruments forgés ailleurs entre pour 40 % environ dans l’activité commerciale.

Quant aux clarines fondues à Labergement, 1/3 environ est vendu aux éleveurs, 1/3 aux touristes et 1/3 est vendu sous forme de cloches personnalisées, (avec inscriptions), pour offrir en cadeaux, lors d’un événement familial, (mariage, naissance…) ou autre (retraite).

Les destinations ont un peu évolué au cours des ans. Il y a vingt ans, une partie de la production allait à des quincailliers revendeurs, dans les régions de montagnes, dont plusieurs demeuraient en Auvergne. La demande était plus forte chez les agriculteurs, moins chez les touristes. Aujourd’hui les clients préfèrent le contact direct avec l’artisan, à la fonderie, lors des comices agricoles, de la foire comtoise et du salon de l’agriculture, où la maison Obertino tient un stand depuis 1985. L’entreprise de Labergement envoie tous les jours un grand nombre de colis à des particuliers éleveurs ou non, qui ont fait connaissance avec les produits lors de ces manifestations. Les ventes se font sur le territoire français, mais très peu à l’étranger. Certaines cloches sont distribuées aujourd’hui comme prix lors des compétitions sportives, c’est le cas de la transjurassienne. Des clarines Obertino décorées des célèbres anneaux olympiques furent également fondues pour les jeux d’hiver à Albertville. Enfin même si cela est anecdotique, il est amusant de signaler que certaines célébrités comme Jacque Dufilo, Mireille Darc ou Alain Souchon on fait partie des clients de l’entreprise. Certains autres ont reçu une cloche à titre de récompense ou de souvenir : Bernard Hinault, Fabrice Guy.

Nous savons que la forme, le poids et l’épaisseur de la matière d’une cloche influent sur sa sonorité. Au-dessus de 3 kg les clarines produites à Labergement peuvent avoir trois sonorités différentes : basse, claire ou demi-claire. Les basses ont une forme relativement droite, les claires sont bombées (juponnées). La composition de l’alliage est fixe. La fonderie achète du cuivre en lingots ou en usine (plaques électrolytiques, gros fil électrique), le critère étant la qualité du produit. L’étain en lingots de 30 à 40 kg vient de Malaisie, pays producteur. Le sable est réutilisé, ce qui explique sa couleur noire due à la chaleur de la coulée. Une tonne de sable est nécessaire pour deux années de travail . Les creusets en graphite, provenant d’Angleterre, peuvent faire 30 à 40 coulées chacun. La fonderie Obertino travaille au rythme de 150 coulées par an environ, chacune comportant 50 kg d’alliage en fusion.

....et en 2025

Bénédict PAULIN, née OBERTINO (Gérante), Frédéric ROTA (Responsable technique, atelier), Thomas PAULIN (Fondeur), Quentin MARTIN (Fondeur), Emma PAULIN (Facturation/comptabilité) et Caroline OBERTINO (Facturation/comptabilité et vente)

Travaux annexes

Si auparavant l’entreprise achetait les colliers de cuir à des bourreliers, depuis 1995 Frédéric Rota les fabrique sur place, à partir de peaux obtenues dans des tanneries françaises. Il assure le découpage et la couture de celles-ci. Les boucles en bronze sont fondues dans l’atelier. Pour les cloches d’appel qui nécessitent l’ajout de supports en bois ou en fer, la fonderie faisait appel auparavant au savoir-faire Bernard et Jacques Ferreux. Depuis l’année 2000 elle réalise ce travail elle-même, utilisation de fer plat pour les montants.

 

La musique joyeuse et nostalgique des alpages jurassiens

"Markus et Gemma 20 ans d'alpage" sur deux belles clarines pendues dans la cuisine d'un chalet d'alpage suisse, Le Crêt à Chatron-Vieux. (Photo. A Defrasne 2002)

 

Pour terminer, il est intéressant de donner la parole à un ethnologue suisse, Paul Hugger. Il a parcouru les alpages franco-suisses pendant longtemps et l’importance des clarines et sonnailles chez nos éleveurs et bergers ne lui a pas échappé.

La montée à l’alpage est un événement, le carillon est la pierre de touche du cortège. « Il comprend une multitude de timbres tous accordés entre eux. Cela représente un joli capital. Il n’est pas rare qu’un paysan possède jusqu’à quarante cloches et plus… On ne les utilise que pour la montée et la désalpe. Durant l’hiver elles restent suspendues, bien en vue, à des perches mobiles sous l’avant-toit de la grange et signalent de loin la maison de l’amodiataire. » L’auteur évoque les toupins au son profond et sourd et les cloches de bronze au son plein et harmonieux. « Ces sonnailles évoquent, tout au long de l’hiver, les joies estivales passées et à venir. » L’éleveur les entretient, les prépare pour la montée. Nous sommes un jour de mais 1969 au-dessus de Vaulion en Suisse : « Soudain l’oreille perçoit une sorte de bourdonnement métallique, lointain et noyé, qui nous parvient comme un écho, des profondeurs de la forêt. Le son s’accentue devient harmonieux, et voilà qu’au prochain détours du chemin paraissent les premières vaches…Le troupeau se rapproche, le tintement des sonnailles s’amplifie devient assourdissant. »

 

 

 

Peu après l’arrivée au chalet ou à la fin du repas, les paysans et le berger attacheront et enlèveront les grosses cloches qui prendront une place d’honneur à l’intérieur du chalet. « Souvent on admire dans la cuisine deux ou trois cloches de parade attachées à une perche au-dessus de la table, vers la fenêtre. » Paul Hugger décrit au chalet de la Bassine les sonnailles du troupeau alignées au-dessus des caves, en rangées superposées grimpant jusqu’au faîtage comme un carillon. On perçoit à travers le regard attentif de l’ethnologue, toute l’importance que les cariens, sonneaux et sonnailles ont dans un pays de montagne et d’élevage comme le nôtre. Elles sont comme le souligne Jean-Pierre Rama dans son ouvrage sur les cloches : « …l’expression magnifique, puissante et d’une richesse insoupçonnée de l’art et des traditions populaires de tous les peuples d’éleveurs, de tous les sonnailleurs,de tous les bergers pratiquant la transhumance comme un art de vie poussé au  plus haut degré. »

C’est pourquoi il nous fallait présenter l’histoire de cet instrument et rendre hommage aux artisans piémontais, qui ont importé leur savoir-faire jusque dans les villages frontaliers de Labergement et Morteau, les deux seules fonderies de clarines en France aujourd’hui.

 

 

Et aussi !

Frédéric Rota vous explique la fabrication des cloches :

https://www.youtube.com/watch?v=nTNGf6iF69g

 

Anecdote :

Philippe Robbe

 

« … Le second séjour humanitaire de Gaëlle se déroule au Burkina Faso. La mission à lieu sur six mois à Guié, petit village à 60 km de Ouagadougou. Dans ce village de brousse une association travaille depuis une vingtaine d’années : l’AZN (association ZORAMB NAAGTAABA). A la base de l’AZN, un homme, monsieur Henri Girard, un agriculteur Pas de Calais. Il a monté, au centre de Guié, une ferme pilote et a formé les gens du pays. Il a commencé par l’alphabétisation des habitants puis leurs a appris comment gérer une ferme et tirer profit des terres. Aujourd’hui, la formation se transmet par les premiers indigènes formés. Magnifique réussite humanitaire.

C’est donc dans ce milieu très isolé que débarque Gaëlle dans le cadre de SOS enfants. Elle vit en pleine harmonie avec la population locale. C’est alors qu’elle remarque que, tous les matins à 7 heures, la cloche du village sonne. C’est le point de départ de la journée de travail. Un beau jour, Gaëlle demande à ce que ce soit elle qui aille sonner la cloche. Dès 7 heures, Gaëlle accomplit sa tâche. C’est alors qu’elle aperçoit une inscription sur la cloche. Elle se munit d’une échelle et s’approche. Sur la cloche : « Fonderie Obertino-Labergement Sainte Marie (Doubs) » !!! Quoi de plus beau pour réchauffer le cœur de notre petite Franc-Comtoise loin se son village natal, Labergement-Sainte-Marie !

La présence de cette petite cloche s’explique ainsi : c’est au cours d’un retour en France que monsieur Henri Girard, le fondateur de la ferme pilote, a acheté une cloche sur une brocante dans le but de l’installer sur une poutre de la ferme de Guié.

 

 

Aujourd’hui Gaëlle Simon est toujours à la Réunion où elle poursuit son travail.

 

Saluons la détermination de cette jeune fille qui, à seulement 25 ans, vit une aventure extraordinaire en mettant ses activités et son dynamisme au service de missions humanitaires (texte de 2007).

 

Sources :

Cloches de France et d’ailleurs (J.P. Rama 1993) ; Sonnailles et cloches (R. Schwaller 1996), Métiers d’art en Franche-Comté (article M. Dussauze 1993), le Jura Vaudois, vie à l’alpage (P. Hugger 1975), archives municipales Labergement. Merci pour leur aide et témoignages aux familles Obertino de Labergement et Morteau, Franco Albertano de la Sarraz, Michel Robbe, Gabriel Robbe, Pierrre Cominoli , Paul Girard, René Authier, Daniel Capelli, Georgette Pasquier.

 

Documents et photos Gaëlle SIMON que nous remercions vivement, ainsi que Joëlle et Christine.

Sites :  http://Gaelle.AventureTropicale.com

            http://www.azn-guie-burkina.org/