Histoire de les Villedieu
Sous le drapeau Comtois, qui que tu sois, tu es chez toi !


Bénitier
Ne m'oubliez pas ! Même si je suis petit, je suis beau !
Au XVIe siècle, Villedieu est rattaché à la chapellerie de Rochejean ainsi qu’à l’abbaye du mont Sainte-Marie. En 1530, les habitants bénéficient de chartes de franchises. Des documents du XVe et XVIe siècle portent sur la vente d’une portion de territoire, par Jean de Chalon-Arlay, au profit de Perrin Montréal.

La chapelle de Villedieu-les-Rochejean
aurait été érigée à cet endroit
Un plan de 1723 permet de constater que chaque village avait une chapelle, aujourd’hui disparue.
Une chapelle fut fondée à Villedieu en 1666. Détruite par un incendie qui ravagea le village en 1714, elle fut reconstruite aussitôt. Les habitants des deux villages se rendaient auparavant à l’église de Rochejean. Dans une délibération du 08 janvier 1791, ils exposent les inconvénients qui en résultaient, afin de conserver leur chapelle et ses biens d’être vendus comme "Biens Nationaux" par l’Assemblée Nationale.
Le village de Ville Dieu les Mouthe est éloigné de l’église de Rochejean de plus d’une lieue. Pour y arriver, il faut traverser la rivière du Doubs, le pont en bois qui sert à la passer est très souvent emporté par les glaces ou par l’abondance des eaux, surtout dans la fonte des neiges. Il faut encore pour arriver à Rochejean traverser quatre ruisseaux qui sont considérables dans les crues d’eau et couverts d’aucun pont. Les chemins en hiver sont continuellement couverts de neige. A peine a-t-on ouvert une frayée qu’elle est aussitôt fermée, soit par les vents orageux, soit par de nouvelles chutes de neige. Il se trouve d’ailleurs dans l’étendue du territoire treize granges ou hameaux situés sur l’extrême frontière de la Suisse (7 à 8 kilomètres).
Plusieurs habitants ont été attaqués par des loups, et ont attrapé différentes maladies occasionnées par les fatigues du voyage et y ont succombé.
L’on a vu plusieurs fois des enfants périr de froid dans le transport…
Enfin, les chemins dans de certains moments sont tellement impraticables que les habitants, après avoir été obligés de garder des cadavres pendant plusieurs jours, se sont vu forcés de les conduire au cimetière de l’église paroissiale de Rochejean avec des traîneaux à bras…
Archives municipales, copiées par l'instituteur M Pailloux en octobre 1967.
En 1878, un pont en pierre sera construit sur le Doubs à Rochejean, il coûtera trois-mille-cent-trente-un francs.

César Auguste Pompée, architecte
Une église est actuellement en construction, et elle sera entièrement achevée vers la fin de l’été 1834.
Le linge de l’église, qui est de petite qualité se trouve en bon état.
L’église est bien pourvue fermement. Elle possède un calice, un ciboire, un ostensoir en argent, et une pyxide en cuivre argenté.
Les revenus de la fabrique démontrent la somme de 34 à 35 francs, tout est publié les titres de la plupart des bien anciens. Elle est chargée de faire acquitter chaque grande basse messe.
Le presbytère, qui est propriété de la commune, a été construit il y a sept ans, et se trouve en bon état.
La contenance du jardin qui en dépend est d’environ un demi-quart de journal, il n’y a ni verger, ni terres labourables. Le presbytère ne possède aucun revenu, est grevé de trois basses messes, même actuellement, il n’y a aucun mouvement religieux.
L’église possède des reliques de Mr Agnès, vierge et martyr saint modeste, de Fortunat, de saint Maximiens, de saint Alexandre martyr.
La fête patronale est saint Joseph 19 mars
Ecrits inventaire de l'église Saint-Joseph, fait par les archives diocésaines.
* Le presbytère sera construit en 1826 ou réparé.

Projet plan coupe transversale

Projet plan coupe en longueur
Plans trouvés aux archives départementales du Doubs, à Planoise
La chapelle originelle fondée en 1661 mesurait 25 mètres x 13 mètres, elle a été remplacée par l'église actuelle.
En 1836, le président de la fabrique notait dans un extrait du conseil :
"Le cimetière de la paroisse est actuellement occupé dans la presque totalité par le placement de la nouvelle église bien plus vaste que l’ancienne, et qu’il ne reste plus de place pour les inhumations ."

Victor Tourangin préfet du Doubs
de 1833 à 1848
En décembre 1839 le préfet de Besançon donnera l'autorisation au maire de Villedieu d'acquérir deux parcelles de terrain pour agrandir le cimetière.
D'une part avec le sieur Maire Férol et d'autre part avec le sieur Cousin Joseph, pour la somme de 60 francs l'are.
Maître Bourgeois de Mouthe est désigné pour passer cet acte, qui sera soumis par la suite à ce même préfet pour approbation.
Lors de la construction de l'église un désaccord se fit entre les habitants des villages et l'architecte Pompée. Celui-ci voulait mettre de grosses pierres au mur sud du clocher, contre l'avis de la municipalité qui avait opté pour des pierres lisses. En effet, ils trouvaient que c'était plus approprié de faire avec celle-ci, car cela évitait de faire un crépissage en plus, qui aurait coûté.
La municipalité fit une pétition et l'envoya au diocèse.
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Pétition pierres église
Les habitants de la commune de Ville Dieu canton de Mouthe
A monsieur le Préfet du département du Doubs
Monsieur le Préfet,
Nous avons l’honneur de vous informer que nous nous sommes vus forcés de déroger au plan du clocher de notre église, dressé par monsieur l’architecte Pompée et de faire faire en grosses pierres de taille la face Sud qui devrait être une petite droite. Autrement chaque année, il nous faudrait faire un nouveau crépissage, ou y faire une talvanne en bois qui serait très dispendieuse pour la commune. La dépense occasionnée pour le changement que nous souhaitons dans la nécessité de faire motif de solides économies se portant à plus de mille francs.
Dans la visite pastorale, monseigneur l’archevêque a reconnu plusieurs objets indispensablement nécessaires à notre église, tels que confessionnal, pierre sacrée pyxide en argent, déplacement d’autel avec modification, des canons d’autel, croissant de soleil de l’ostensoir, cierges… et plusieurs autres objets. La somme et la dépense pour les différentes choses s’élèvera à plus de trois-cent francs, et dans son procès-verbal, dont une copie a été remise à monsieur le curé, sa grandeur ordonne que les objets soient procurés dans les plus court délai.
Considérant que :
1° La fabrique n’a annuellement que 28 francs de revenus et que son budget de 147 francs.
2° Que le fourneau ne vaille que 742 frs.
3° Que les recettes portées dans le budget sont absorbées pour les dépenses.
4° Que le produit de la coupe accordée par l’administration forestière ne sera pas suffisant pour achever l’église et le clocher.
Nous prenons la liberté, monsieur le préfet, une part au secours alloués au département pour réparations à faire pour les édifices de culte.
Nous avons d’autant plus lieu de penser que notre demande ne sera pas rejetée, que monseigneur l’archevêque et monsieur Cart Vicaire général, qui ont été sur les lieux certifieront au besoin que les motifs que nous vous alléguons sont basés sur la vérité.
A la présente pétition nous joignons copie du budget de la fabrique, et un certificat de monsieur le percepteur sur l’état de la caisse.
Nous avons l’honneur d’être avec un très profond respect et une parfaite considération.
Monsieur le Préfet
Vos très humbles et obéissants serviteurs.
Et ils ont gagné, les murs sud sont en pierres lisses, avec le temps une talvanne en tuile a été posée sur celui de l'église

Eglise Saint-Joseph

Pierres de Chailluz
L'église a été construite avec de la pierre du bois de Chailluz (jaune et bleue). Elle était extraite dans plusieurs endroits du bois, mais principalement dans les carrières de Fonds-de-Chailluz ou aux Torcols, maintenant quartier de Besançon.
L'église a dû être taillée en même temps, car moins de frais pour le transport.
Elle fut obligatoire dès 1569 dans les constructions de la ville, pour diminuer les incendies qui étaient courants à l'époque. Le feu se propageait très vite, étant donné que les maisons, étaient bâties en grande partie en bois.
On voit beaucoup de ces pierres dans les bâtiments du vieux Besançon. Certaines pierres de l'église sont signées par les ouvriers qui les ont taillées.
L'église faillit brûler lors du sinistre du 07 avril 1883, l'incendie l'a menacée pendant une heure. Le curé Girard commençait à sauver les objets de culte.
Le clocher brûlera en 1851, lors de l'incendie du bas du village. La partie au-dessus de la porte d'entrée de l'église est noire à cause de cela. Côté cimetière, les joints des pierres ont éclaté, le trou ainsi créé sera rebouché avec du ciment lors des réparations du clocher, qui se termineront en octobre 1856.
Une dalle mortuaire, coupée en deux au moment de son déplacement, a été posée de chaque côté de la porte d’entrée de l’église, sous le chœur de chants. Il est probable que cela viendrait d’une des deux chapelles, qui existaient dans chaque village, ou de l'ancien cimetière du village, vu que la nouvelle construction l'a recouvert en grande partie.

Devant le chœur de l’église, trois curés sont enterrés. Deux le sont sous la croisée du transept : un dont la dalle est cachée par un parquet ; un autre a été inhumé sous le vaisseau latéral droit. Comme le veut la coutume, ils sont enterrés face à leurs "oyes"*.
* oyes: les curés appellent leurs paroissiens des oyes.

Tabernacle
Des œuvres et le mobilier, situés dans l'église, sont également classés monuments historiques : le crucifix du XVIIe siècle, des objets de cultes, la porte du tabernacle, l'autel. Ils avaient été épargnés lors de l'incendie d'une chapelle sur la paroisse de Pontarlier.
Il existe deux cloches : une du XIXe siècle, et une du XXe siècle.
Suite à Vatican 2 des travaux ont été fait dans l'église, malheureusement la chaire et la banc de communion ont été sacrifiées par le curé de l'époque ainsi que bon nombre de statues, de tableaux et de décorations. La plupart existent toujours et sont rangés par-terre dans le clocher.
Dans les bas côtés, il y avait trois grandes copies de tableaux de Titien copiés par Amélie Fayolle(1826-1880), le curé les a fait et retirer ranger dans une remise, ou ils ce sont dégradés, à voir ici

Le crucifix
Le crucifix a été peint par monsieur Bellini (peintre en bâtiment). L'abbé Blondeau s'était renseigné pour le ramener à son état d'origine. Vu le devis élevé, il avait abandonné son projet.
Il a été positionné sur le premier pilier à gauche.
Suite à Vatican 2, des travaux ont été faits dans l'église. Malheureusement, la chaire et le banc de communion ont été sacrifiés par le curé de l'époque ainsi que bon nombre de statues, de tableaux et de décorations. La plupart existent toujours et sont rangés par terre dans le clocher.
Dans les bas côtés, il y avait trois grandes copies de tableaux de Titien, Prud'hon copiés par Amélie Fayolle (1826-1880), le curé les a fait retirer et rangés dans une remise.
L'architecte de ces travaux s'appelait monsieur Vannod.
Entreprises étant intervenues lors des travaux :
L'entreprise Neusel pour l'électricité,
Les entreprises Guichard et Vannod pour la menuiserie,
L'entreprise Bellini pour la peinture.


Vitraux peints
Ceci n'est qu'un échantillon des vitraux que vous verrez dans l'église Saint-Joseph.
Il y a 11 vitraux dans l'église. 4 sont signés Champigneulle Bar-le-Duc, deux ont la date 1879, en plus de la signature. Celui qui est derrière le maître autel est de 1878. 3 ont été offerts pas des habitants de la commune.
2 vitraux (un pour chaque village) rendent hommage aux poilus de 1914-18 : un représente Jeanne d'Arc et un autre illustre un personnage non identifié.
Saint-Joseph, le sacré cœur, Notre-Dame de Lourdes, saint François Xavier et saint François d’Assise ont été acquis du temps du curé (Alfred-Honoré) Henriet. Ils ont été payés par la fabrique.
Tous ces vitraux sont peints.
Les visiteurs sont toujours étonnés de trouver de tels vitraux dans l'église d'un petit village qui, à l'époque des travaux, avait un peu plus de 300 habitants.
Il y a encore les vitraux de : sainte Anne et la vierge, sainte Bernadette ( ? ), saint Pierre, saint Paul (glaive et parchemin).

Chemin de croix
Le chemin de croix a été restauré en 2012.

Dernière station
Venez visiter l'église pour découvrir les stations intermédiaires !
Les 14 stations du chemin de croix en bas-relief ont été fabriquées en plâtre peint.
Il a été restauré par monsieur Piroulet de Hauterive-la-Fresse. Ce restaurateur a passé quinze jours aux Beaux-Arts pour apprendre à faire des moulages. Les travaux ont été effectués à Montbenoît.
Les vitraux et le chemin de croix sont des ancêtres de la BD. En effet, comme on tenait le petit peuple dans l’ignorance pour mieux le dominer, cela servait au catéchisme pour expliquer l’histoire de la religion.

Intérieur de l'église Saint-Joseph
Les bancs ont été fabriqués au début du XXe siècle, par l'ébéniste Pochard d’Oye-Pallet. Encore aujourd'hui, les habitants de ce village lui donnent la réputation d'avoir fait du bon travail, mais d'être cher. L'arpète (apprenti), qui l'aidait en 2018, est toujours en vie. Il habite Pontarlier.
La chaudière date de 1948, elle a été posée par monsieur Robinson, elle est toujours utilisée.

Les vieux avaient du talent !
L’autel est en bois peint (imitation marbre). Dommage que le bois ait travaillé avec le temps ! Les fonts baptismaux qui se trouvent à droite, en sortant, sont aussi en bois.
Les peintres avaient du talent, on s’y laisse prendre.
En avril 1855, le curé (François Maxime Maire) demande des fonts baptismaux car « ce qui en tient place tombe en ruine ».
En octobre 1861, le curé Maire critique l'achat d'un ciboire qui pèse 650 g, auprès de l'archevêque. Ce dernier ne lui convient pas.
Il déclenche l'affaire du ciboire.
En 1867, le curé Maire réclame l'acquisition d'un encensoir.

Charpente
La voûte de la nef et du chœur sont en bois, les finitions sont en plâtre. De ce fait, il y a une belle charpente.

Œuvre de Denis Savary
Le maître-autel en bois, faux marbre, vient de la chapelle Notre Dame de Pontarlier.
Pendant l'été 2018, dans le cadre "Art en chapelle" du 07 juillet au 19 août, l'œuvre "Fumée" du genevois Denis Savary a été exposée.

Première vierge de Villedieu-les-Mouthe
Guy Guichard, Gilles Guichard, Chantal Granperret, Josiane Granperret, Georges Guichard et Béatrice Granperret, arrière-petits-enfants de Reine Petit.

Vierge actuelle de Villedieu-les-Mouthe

Vierge Villedieu-les-Rochejean
L'enfant jésus a disparu.

Sortie d'église, un jour de 1ère communion
Reliques de l'église Saint-Joseph
St Alexandre Mar
St Alexandre était martyr à Lyon en 177. Il a un important reliquaire à l'église de Chatelblanc.
St Placidii M
Disciple de saint Benoît de Nursie, Saint Benoît serait allé avec lui à Subiaco, ainsi qu’au Mont-Cassin en Italie, où il mourut. Il fut longtemps honoré par les bénédictins.

Chapelle de Foucherans
St Maximin, évêque de Besançon au IIIe siècle, a été martyrisé à Foucherans où il a une chapelle au milieu des bois.

Saint Ferjeux
Ferreoli vel Ferj
Saint Ferreol ou Ferjeux, prêtre et diacre envoyés de Lyon par St Irénée pour apporter l'évangile à Besançon, au début du IIIe siècle, ont été martyrs : la basilique Saint Ferjeux à Besançon a été construite sur le lieu où ils avaient été inhumés. Leurs ossements étaient mélangés, c'est la raison pour laquelle on a mis Ferreol ou Ferjeux.
S Deodati Mar
Saint Dié : martyr dont la ville de St Dié dans les Vosges porte le nom. Les habitants s'appellent les déodatiens.
S Ursini F
Il semblerait que saint Ursin fut le premier évêque de Bourges et qu’il aurait vraiment existé. Il aurait été un disciple de Jésus sous le nom de Nathanaël.
Axarundini DNJC
Axarundini : roseaux de Notre Seigneur Jésus Christ. L’évangile nous dit que pendant la passion de Jésus, les soldats lui ont mis des roseaux dans la main droite en guise de sceptre et se moquaient de lui en lui disant : "Salut, roi des juifs ! ".
Ex velo B Maria
Du voile de la Bienheureuse Vierge Marie.
Relique de saint Hurbin "Ex capite st Urbani Pap. et Ma"
Relique de saint Urbain "du crâne de St Urbain pape et martyr (en 230)".
Traduction du latin au français faite par le père Jean-Claude Saillard en 2020.

A la une !
Des travaux ont été réalisés à l'église en 1848, malheureusement un incendie se déclarera dans le bas du village et une partie du clocher bûlera.
15 août 1920
Villedieu :
Réparations diverses à l'église, aux murs du cimetière et du presbytère.
Auteur du projet :M. Chavanne, architecte à Besançon, montant des travaux : 16665 fr. 90, du cautionnement 570 fr.