Histoire de les Villedieu
Sous le drapeau Comtois, qui que tu sois, tu es chez toi !

Tiré du journal Suisse, du jeudi 26 avril 1945,
Feuille d'Avis de Neufchâtel.
CONTRAIREMENT AUX BRUITS QUI ONT COURU HIER
Le maréchal Pétain réside toujours en Suisse
Le vieux soldat se trouve à Weesen où il a reçu la visite de M. Stucki *, chef de la division des affaires étrangères du département politique
L'ouverture du procès intenté à l'ancien chef de l’État français renvoyé à une date ultérieure.

Le maréchal Pétain avec sa femme à leur entrée
en Suisse, mardi matin.
BERNE, 25.
On dément la nouvelle selon laquelle le maréchal Pétain a franchi la frontière française à Genève. Le maréchal se trouvait encore à Weesen, mercredi après-midi. L'agence France-Presse avait annoncé hier que le maréchal Pétain avait franchi la frontière franco-suisse et qu'il était arrivé à Annecy où il se serait arrêté avant de poursuivre son voyage sur Paris. Aujourd'hui, cette agence dément également cette information.
M. Stucki à Weesen
Le ministre Stucki est arrivé à Weesen mercredi après-midi.
L'ouverture du procès n'aura pas lieu le 17 mai
PARIS, 25 (A.F.P.).
Le ministre de la justice communique :
Dès son arrivée « sur le territoire français, le maréchal Pétain sera mis à la disposition de la Haute-Cour de justice.
Sa présence n'anéantit ni la procédure antérieurement suivie ni l'arrêt de renvoi rendu par la commission d'instruction, le 23 avril, ni l'ordonnance de prise de corps décernée contre l'inculpé. Mais elle constitue un fait nouveau nécessitant non pas l'ouverture d'une nouvelle information, mais un complément d'information qui aboutit à l'arrêt du renvoi ne fût-ce que pour recueillir les déclarations de l'inculpé et procédera aux vérifications et aux recherches que rendra possible ou exigera sa présence.
Dans ces conditions l'affaire ne pourra pas être jugée le 17 mai, comme il était prévu, et il appartiendra au président de la Haute-cour de rendre une ordonnance prescrivant l'information auquel il sera procédé avec une grande célérité.
Le maréchal sera probablement détenu au
Mont-Valérien près de Paris
PARIS, 25 (A.F.P.).
Il semble impossible que le procès Pétain puisse venir en Haute-cour avant deux mois et demi environ. Pétain sera provisoirement détenu, croit-on, au Mont-Valérien.
M. Mongibeaux, premier président de la Cour de cassation, signera l'ordonnance prescrivant le complément d'enquête au sujet et de l'information menée jusqu'ici par contumace. Il procédera lui-même aux premiers actes d'instruction, notamment à l'interrogatoire d'identité. Puis il déléguera, pour procéder à l'interrogatoire, aux auditions et aux confrontations, M. Beteille, membre de la commission d'instruction de la Haute-Cour, qui avait commencé de réunir le dossier. Il est possible que des commissions rogatoires soient envoyées en Angleterre et en Amérique. L'avocat général Carnive a été chargé de se rendre à la frontière suisse pour recevoir l'inculpé et procéder aux formalités nécessaires de transfert en présence des représentants des autorités helvétiques.
Des mandats d'arrêt ont été signés pour les personnes qui accompagnent Pétain en Suisse, en particulier contre l'amiral Louis Bléhaud qui fut secrétaire de la marine et des colonies dans le gouvernement de Vichy.
Le maréchal Pétain sera-t-il condamné à mort ?
PARIS, 25 (A.F.P.).
L'acte d'accusation contre Pétain est déjà préparé Pétain est accusé de trahison et de collaboration avec l'ennemi. S'il est déclaré coupable, le maréchal, âgé de 89 ans sera condamné à mort.

Douane de Vallorbe (Suisse)
Pétain arrivant à la douane de Vallorbe, avant de se rendre en France à la douane des Tavins
On ne put affréter un train depuis la gare de Vallorbe pour le retour de Pétain en France, en effet le tunnel de Jougne avait été détruit en juin 1940 par les français, à l’arrivée des troupes allemandes.

Tunnel ferroviaire de Jougne en 1925
Lorsque Pétain franchit la frontière française, le 26 avril à 19 heures, où il fut accueilli par le général Koenig (gouverneur militaire de Paris, ce dernier avait été condamné par Vichy le 3 décembre 1941, par contumace à la peine de mort par le tribunal d’Oran) et une centaine de militaires, policiers étaient présent pour la sécurité du prisonnier. Pétain tendit la main au général Koenig, mais celui-ci ne voulant pas le toucher le salua. Le général Koenig présente le mandat d’arrestation au maréchal Pétain pour « intelligence avec l’ennemi et attentat contre la sécurité intérieure de l’état » qu'il signa. Le maréchal et sa femme montent dans une voiture (ses accompagnants montent dans des cars de police). Le convoi part alors sous bonne escorte, direction la gare des Hôpitaux-Neufs où un train spécial l’attend pour l’amener à Paris.

Le général Koenig
De jeunes témoins, assis en face de la gare sur les marches de la gendarmerie assistent à ce fait historique, mais s’en rendent-ils compte ? Un certain Hubert Trouttet est présent, il deviendra mon professeur d'histoire, bien des années plus tard, au C.E.G.de Mouthe, il écrira des articles pour le journal l'Est Républicain.
Le train part de la gare des Hôpitaux-Neufs à 21h30…
Un train spécial est affrété. Malgré la protection des soldats de Koenig, à Pontarlier, des cailloux sont lancés et frappent les vitres du wagon dans lequel se trouve Pétain. Le lendemain à 6h30, le convoi arrive en région parisienne à la gare d’Igny dans l’Essonne, puis une voiture conduit Philippe Pétain au fort de Montrouge où il est incarcéré. Deux mois plus tard débute le procès relayé par des journalistes du monde entier.

Gare des Hôpitaux-Neufs, la gendarmerie derrière
Au palais de justice de Paris, Philippe Pétain est accusé d’attentat contre la sécurité intérieure de l'État et intelligence avec l'ennemi et l’occupant allemand.
Un mois plus tard, Philippe Pétain est condamné à la peine de mort, à la dégradation nationale et à la confiscation de tous ses biens, tenant compte du grand âge de l’accusé, la haute cour de justice émet le vœu que la condamnation à mort ne soit pas exécutée. Il appartient au Général de Gaulle de commuer la peine de mort prononcée contre Philippe Pétain en une peine de détention à perpétuité. Philippe Pétain quittera Paris pour le fort du Portalet puis sur l’Ile d’Yeu. (Vendée).
·Il y est mort le 23 juillet 1951.
L’écrivain François Mauriac dira du procès Pétain « c’est aussi un peu celui des Français. »
(Thierry Bœuf France bleue)
juillet 1945, début du procès de Pétain
Cliquez sur la photographie
On connait la suite...

La une de "Ce Soir" du 23 juillet 1945
Aucune plaque n'a été mise pour se souvenir de cet événement, ni à la douane ni à la gare !

Le chef des F.F.I. remercie le ministre de Suisse
27 août 1944
*M. Stucki
Avocat de formation, il est nommé secrétaire général du département de l'économie en 1917, puis directeur de la division du commerce en 1925, où il représente la Suisse dans différentes conférences internationales. Élu en 1935 au Conseil national, il est nommé délégué au commerce extérieur mais démissionne deux ans plus tard.
Il est ensuite ambassadeur de Suisse en France de 1938 à 1945. À ce titre, il représente la Suisse à Vichy auprès du gouvernement Pétain de juillet 1940 à août 1944. Le maréchal le prend à témoin à l'hôtel du Parc pour démontrer qu'il est évacué contre son gré par les Allemands vers Belfort le [1]. Après le départ de Pétain, son action tant auprès des Forces françaises de l'intérieur que des autorités allemandes évite un probable bain de sang et une destruction de la ville[2]. En remerciement, la bourgeoisie d'honneur de la ville lui est accordée par les autorités municipales et son nom est donnée à une rue de Vichy[Not
Wikipédia
80 ans plus tard !
L'Est Républicain

Article de monsieur Trouttet
Il a confondu les tunnels, c'est celui de Jougne que le train aurait dû prendre.

Anecdote
Jeu des X erreurs
Ce faux Pétain/De Gaulle a réellement circulé, grâce à la collaboration des postiers de l'époque.
http://1f50bersier.free.fr/faux_marseille.php