Séraphin

Horloge et échappement de l'église

 

Mécanisme de l'horloge, après sa restauration de 2011, faite  par l'entreprise Prêtre et fils

 

Le séraphin* est la personne qui remonte le poids de la cloche ainsi que celui de l’échappement du mécanisme de l’horloge, toutes les semaines.

 

L’échappement est la partie mécanique de l’horloge, il sert à la remonter toutes les semaines, au lieu de le faire quotidiennement.

 

Les  séraphins* auront moins de travail avec l’heure unique, dans les prochaines années, sachant qu’avec l’électrification des horloges il y en a de moins en moins. 

Ce n’est pas le cas de Villedieu : la municipalité désire que cela se fasse manuellement. Elle sauve un métier en voie de disparition.

 

Un des plus grands travaux du séraphin est aussi le départ des cloches pour Rome et leur retour !

 

A noter que c’est Aster Prêtre qui a fabriqué l’horloge et a fini de la poser le 27 juin 1898.

L'entreprise Prêtre entretient l'horloge du village encore de nos jours.

 

Il est possible de connaître un peu l’histoire des séraphins en lisant les graffitis qui sont inscrits sur la caisse du mécanisme.

 

 

*Le pas de l’ange

 

Tout le monde a entendu parler des Séraphins, ces petits anges qui chantent si bien au Paradis, qu’à les écouter les années passent comme des jours. On dit que le Bon Dieu en envoie de temps en temps sur la terre pour apprendre aux oiseaux à chanter, c’est ce qui explique pourquoi le chant des oiseaux dans les prés et les bois est si agréable à toutes les oreilles.

 

Un jour donc, un beau petit séraphin donnait une leçon à des oiseaux au Meix de la Chaux, à moitié chemin entre les maisons de Petite-Chaux et la pâture du Pré-Lorin. Tout ce petit monde ailé s’était installé dans un bouquet de foyards -bosquet de hêtres- et l’application avait été si grande qu’on n’avait pas vu passer les heures et que le soleil en se couchant dut mettre fin à la leçon.

 

Grand fut le désappointement des chanteurs en constatant que la fontaine voisine était tarie. C’est plutôt une mare qu’une source, l’eau ne s’écoule qu’après une pluie. La grosse pierre du fond, sorte de dalle naturelle, était toute blanche. Une alouette découvrit un peu d’eau dans un creux, sous une feuille de gentiane. Les élèves la firent boire à leur maitre de chant, et tous, pour oublier la souffrance de leur petit gosier desséché cachèrent leur tête sous leur aile et s’endormirent. Pour prendre son élan afin se s’envoler au Paradis, le petit séraphin posa sur la dalle blanche son pied qui s’y enfonça comme dans du beurre.

 

Le lendemain en s’éveillant, les oiseaux virent la trace du petit pied, et ce creux dans la pierre était plein d’une belle eau limpide ; il y en eut pour les désaltérer tous ce jour là et les jours suivants. Il y en a toujours, paraît-il, même dans les périodes sèches et tous les oiseaux de la colline aride des Esseux viennent boire au Pas de l’Ange.

 

Henri Cordier